La vie, la vie




Depuis toujours, je ne me suis jamais sentie exactement comme les autres. Il m'a toujours manqué un sentiment dappartenance. Jusquau moment précis où j'ai fait la rencontre de Max! Max c'est mon ami, une partie de moi. Max, cest celui qui ma comprise au premier coup d'il et qui ma aime sans condition. Max est un couguar parti vivre dans un autre monde que je crois meilleur. Il vivra éternellement en moi. Nous avons vécu une véritable histoire d'amour et le jour où je l'ai rencontré, ma vie a changé. J'ai compris bien des choses Pour la première fois, j'avais ce sentiment d'appartenance, j'avais enfin trouvé ma voie, ma place, j'ai réalisé que je suis plus du monde animal que de l'espèce humaine. D'ailleurs, j'ai souvent honte de faire partie des humains. Je me retrouvais enfin avec les miens.

Pendant les heures passées à se regarder dans les yeux, j'ai fait des choix et, depuis ce temps, je vis. J'avais toujours cette souffrance et cette détresse au fond de moi et j'en ai trouvé la source! Ma souffrance vient de la souffrance des animaux maltraités et abusés et ma détresse vient de la détresse de la plante. Savoir qu'un animal souffre et est exploité, c'est sentir comme si c'était à moi que a arrivait. Voir un cours d'eau pollué, c'est comme si c'était moi qui étais malade.

Maintenant, je ne peux concevoir le fait de faire semblant de rien, il faut à tout prix faire des choix et s'assumer, arrêter de faire semblant de rien et s'en laver les mains. Nous devons raliser que chacun d'entre nous peut faire une grosse différence, raliser que nous sommes tous responsables de notre sort, mais surtout de celui de nos enfants, de notre espèce et de la vie. Nous devons changer nos priorités, revenir à des valeurs beaucoup plus riches que l'or et l'apparence, s'informer, se donner le peine de comprendre et de réfléchir, s'interroger pour mieux composer avec les conséquences de nos actes pour ensuite les assumer. C'est notre responsabilité! Ce n'est pas toujours facile mais parfois il faut faire certains efforts. Ceux-ci seront bien récompensés!

Je n'ai toujours pas trouvé les réponses à mes questions, car je crois qu'il n'existe pas de réponses suffisamment bonnes pour justifier autant dhorreur dans notre monde. Je m'interroge souvent :

-Pourquoi encourager la chasse, la trappe, les grands massacres dus au braconnage? Pour prouver que l'homme est plus fort que la bête? C'est sûr qu'avec un fusil, le plus faible des hommes aurait le dessus. C'est surprenant qu'en l'an 2000, on n'ait pas encore réalisé à quel point et à quel prix le fait de prouver son pouvoir de cette façon est complètement ridicule. D'autant plus que les manteaux de fourrure et tout le reste ne sont plus vraiment ncessaires à notre survie; ce serait plutôt le contraire. Je me demande quelle fierté les gens retirent quand le jeu est truqué?

- Comment accepter les coupes à blanc, l'assèchement de nos sources d'eau à des fins complètement ridicules et tout ce qui est exploités en masse comme le fond de nos océans, nos terres et tout le reste?

- De quel droit se permet-on d'éliminer tout ce qui nous dérange? On pourrait partager à la place. Tout ce que l'on détruit et élimine sur notre passage était là bien avant nous et sans aucun respect et aucune retenue, on tue, on détruit, on élimine. Quelle est la prochaine étape? Notre voisin?

Il ne faudrait peut-être pas oublier que l'on n'est pas tout seul sur cette planète et que surtout, on dépend tous de l'un et de l'autre, et qu'à chaque fois qu'une espèce disparaît, c'est un peu la race humaine qui disparaît aussi. Quelle preuve d'intelligence! Et dire que c'est nous qui sommes sensés être brillants et qui contrôlons le monde. On ne verra jamais des animaux s'autodétruire, s'éliminer entre eux! La preuve que l'animal est de loin plus intelligent et plus brillant que l'homme réside dans la façon dont il se sert de son intelligence et de sa force pour assurer la continuité de son espce et mon seulement celle de son petit nombril. Lui, il a compris!

Une femme me disait l'autre jour qu'elle considère les animaux comme des objets inutiles qui respirent et qui mettent le trouble, qui puent et qui dérangent. Pauvre elle! Elle a oublié, ou n'a jamais su, que si les animaux n'taient pas là, elle n'y serait pas non plus. On ne peut vivre sans les arbres, sans les insectes, sans l'eau, sans les animaux, sans la terre et sans les autres. Autour de moi, certaines personnes pensent qu'ils s'empêchent de vivre s'ils changent leurs habitudes et font attention. Au contraire, je me sens beaucoup plus vivante depuis que jai conscience de mes actes. Je ne vois pas en quoi je m'empêche de vivre en posant de petits gestes qui font une grande différence :

-Ne pas faire couler l'eau du robinet inutilement. Quand l'eau ne sortira plus du robinet, il sera un peu trop tard pour dire Oups! Rincer la vaisselle avant de la mettre au lave-vaisselle n'est vraiment pas nécessaire. Quel gaspillage!

-Ne jamais faire tourner ma voiture inutilement. Ce n'est pourtant pas compliqué de tourner une clef!

-Ne pas traiter le gazon. Un gazon impeccable au détriment de ma santé et de celle des autres, jamais! On sait maintenant que les pesticides et les insecticides provoquent la stérilité et le cancer. Un beau gazon, mais à quel prix? C'est très joli des pissenlits!

-Ne pas acheter de produits testés sur les animaux. Sans commentaire.

-Récupérer, recycler. Ce n'est pas plus difficile de le mettre dans le bac bleu plutôt que dans le bac vert!

-Rapporter mes sacs à l'épicerie et les réutiliser. Pas besoin d'un sac pour mettre un sac de pomme! Quand on y pense un instant, c'est incroyable le nombre d'emballages utilisés (inutilement).

-Acheter seulement ce dont on a besoin.

-Si l'on ne peut soccuper convenablement de nos animaux de compagnie, être assez responsable et intelligent pour ne pas en avoir!

-Éviter le plus possible l'achat de la viande à l'épicerie dans le but de boycotter les producteurs qui n'ont pas compris qu'avec la vie on peut faire de l'élevage respectueux et non de la production! À partir du moment où on est au courant du fonctionnement des porcheries, des poulaillers et autres productions animales (il s'agit ici d'êtres vivants, donc sacrés, et de l'énorme pollution causée à l'environnement et aux cours d'eau), on ne peut plus consommer avec la conscience tranquille, à moins de se mettre la tête dans le sable. On ne peut accepter ça! Il faut absolument comprendre que l'on ne peut produire la vie sur une chaîne de montage. La vie, c'est ce qu'il y a de plus précieux. Arrêtons de vouloir être plus fort qu'elle et de vouloir la contrôler. De toute façon, cest impossible. La vie aura le dernier mot et peut-être pas celui qu'on avait prévu. Disons-lui plutôt merci de ce qu'elle nous offre et aidons-la!

J'ai eu le bonheur de me rendre au Kénya en Afrique de l'Est en février dernier pour admirer les animaux libres et heureux loin des cages des zoos. Une fois de plus, je me suis sentie vraiment à ma place, parmi les miens. Vivante! La savane africaine accorde le privilège de voir et de ressentir des moments et des émotions spectaculaires, magiques. Quel beau privilège j'ai eu d'avoir des contacts fort profonds avec plusieurs animaux, dont Mara le guépard! Quand on a la chance de faire un voyage comme celui-ci, le mot chance prend tout son sens! La chance d'être à l'abri du besoin (est-ce normal un tel gaspillage alors quil y a des gens qui meurent de faim? Comment accepter la mort de plusieurs enfants qui meurent de soif alors que le voisin lave son pavé?), la chance de rencontrer des gens tèrs pauvres à nos yeux de consommateurs, mais au fond combien plus riches que nous. Ils ont gardé les bonnes valeurs. Ce n'est pas « je-me-moi », mais plutôt « nous tous et vous tous ». Nous avons beaucoup à réapprendre d'eux dont la chance d'être en vie et d'avoir le pouvoir de changer les choses et de grandir.

Je semble bouleversée, je le suis. Je semble moralisatrice, je le suis. Je semble ne plus avoir de tolérance envers les gens qui se foutent de tout, je n'en ai plus. Je vous semble ridicule, je ne le suis pas, je m'assume complètement et, dans le fond, le ridicule ne tue pas.

Quand je ferme les yeux et que j'entends Max ronronner, que je me rappelle les caresses et l'intensité des moments passés avec mon amour de Gros Minet, que je vois les grands yeux de Mara m'implorer d'espoir d'être là encore dans 20, 50, 1000 ans. Quand je vois l'ours polaire me supplier d'arrêter le réchauffement de la planète, quand je vois ma petite chatte les yeux pleins d'espoir de trouver sa mouche, quand je vois la petite « bette »; de mon lapin Copain qui me dit merci d'exister, je sais que j'ai fait les bons choix. Je sais aussi que c'est vital pour moi de faire comprendre au monde que la plante, les animaux, l'eau, la forêt, la terre ont besoin de répit. La majorité des gens ont peur de la guerre, des attentats, mais il y a beaucoup plus proccupant et urgent et le résultat lui pourrait être beaucoup plus fatal! La vie nous donne des signes, elle nous parle : la vache folle, les phénomènes écologiques, la pollution, etc. Il est temps de comprendre le message!

Comme un couguar, j'ai tendance à m'isoler et m'en aller au fond de la nature pour un peu de paix, pour écouter les oiseaux, pour me laisser bercer par les arbres et pour me sentir parmi les miens. Ceux qui ne jugent pas à l'apparence, mais bien au coeur et qui donne la chance à tous d'être animal avec des défauts et des qualités. Mais surtout, ceux qui traitent tout ce qui les entoure avec du respect et de la gratitude et ça, pour moi, c'est non négociable, c'est ma priorité. Et peut-être qu'un jour un couguar viendra boire à mon ruisseau, libre et heureux avec plus aucune peur de la folie des hommes dans ses yeux et en me faisant un clin d'oeil!

Merci la vie de me laisser du bon côté, celui des animaux, et de mettre sur mon chemin des amis qui me redonnent espoir!

Une âme de couguar

 

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