Accueillir une chatte
sous le point de mettre bas :
la vie devant soi




Depuis le 31 octobre 2003, je suis famille d'accueil de six chats. Vous vous demandez sûrement pourquoi j'en suis rendue là, et bien voilà. Tout a commencé lorsque j'avais 11 ans (je vais en avoir 14 en mai 2004). À la maison, j'ai une chatte du nom de Fannie. Nous l'avons trouvée à l'été 2000. Je voulais absolument que Fannie ait des bébés pour vivre l'expérience d'avoir des petits minous à la maison. J'ai tout fait pour convaincre mes parents. Je leur ai dit : « S.V.P, je veux juste que Fannie ait une portée, ensuite, on la fera stériliser. » Mes parents étaient d'accord. Mais malheureusement, nous avons été obligés de la faire stériliser parce qu'elle avait des problèmes durant ses périodes de chaleur. Vous ne pouvez pas imaginer comment j'étais triste, mais je l'aimais toujours autant.

L'année dernière (2002-2003), j'ai connu ACSA au centre de foire des animaux de compagnie. Mais je n'ai pas pu donner mon nom à l'organisme à cause de possibilité d'allergie. Mais cette année, je me suis reprise. J'ai été au centre de foire avec Jennifer (mon amie) et nous avons parlé avec Micheline, une bénévole. Elle nous a parlé d'une chatte sur le point de mettre bas. J'étais au paradis, j'avais hâte que mon père vienne me chercher pour lui parler de la « minoune ». Lorsque je lui parlais, je pleurais tellement je la voulais. Rendu chez ma grand-mère, mon père m'a dit d'appeler ma mère en voyage en Abitibi. Si la réponse est oui, nous pourrions accueillir Prunelle (le nom que nous avons donné à la chatte). Youpi, ma mère a dit oui!

Une semaine plus tard, le vendredi 31 octobre, nous avions Prunelle à la maison. Prunelle était très affectueuse. Aussitôt que nous venions dans la pièce où elle était, elle se mettait à se frotter et à demander qu'on la flatte. Lorsque Prunelle est arrivée, elle était assez avancée dans sa grossesse : nous pouvions sentir les chatons bouger dans son ventre. Moi, je leurs parlais, mais je crois que tout le monde fait ça. Nous ne pouvions pas demander mieux. Micheline avait dit que d'ici une semaine elle devrait avoir accouché. Croyez-moi, croyez-moi pas, Prunelle a accouché le 8 novembre vers deux heures du matin : Micheline avait tenu sa promesse. Malheureusement, je n'ai pas pu voir mes petites boules de poil naître. Mais vous le savez autant que moi, les chattes sont très bien capables d'accoucher sans notre aide. Mais une chose est sûre, elle a bien fait ça. Le matin, c'est ma mère qui les à découverts. Elle avait accouché dans la boîte que nous lui avions préparée. Il y avait 1…2…3…4… chatons, non, attendez, il n'y en avait…5!

Il y avait trois petites faces blanches et deux petits gris. Baffin (un mâle) a été le premier à être baptisé. Ma famille était toujours dans ma chambre pour les contempler. Mais je la comprends, ils étaient tous adorables, même s'ils ressemblaient à des petits rats. Dès qu'il y en avait un qui se montrait le bout du nez, nous disions tous « Ho! ». Pour fêter leur « premi;ere semaine » de naissance, Prunelle les a changés de place : elle les à mis a côté de la boîte. Après une semaine et demie, nous pouvions voir leurs petits yeux bleus qui commençaient à s'ouvrir. Vers les mêmes jours, nous pouvions prendre les chatons, mais il fallait les laisser proches de la mère et, bien sûr, il fallait d'abord flatter Prunelle pour nous imprégner de son odeur, et ensuite flatter les petits.

À deux semaines, nous les avons tous baptisés. Baffin l'était déjà. Quel plaisir de découvrir le sexe de ses chatons et de les baptiser ! Il y avait deux filles et trois garçons. Les jeunes filles se ressemblaient beaucoup. Mais j'ai trouvé des différences. La première s'appelle Chanel et la deuxième, Pistache. La seule différence qu'il y a, c'est que Pistache est plus « joufflue » que Chanel. Elles sont toutes deux tigrées. Les garçons, c'est un peu plus facile de les différencier. Il y a Grisou qui est tout gris, comme sa mère. Pinceau lui est gris, mais il a le bout de la queue blanc et a les orteils de la patte droite blancs. Baffin aussi est tigré et il a un « x » sur le dos.

À partir de l'âge d'un mois, nous les avons sortis dans la salle familiale. Si vous les aviez vus, ils étaient tous fous de courir partout et de se défouler. Ensuite tous ces jeux méritent une sieste. Leur place préférée est la boîte de papiers brouillons. Parfois, ils se retrouvent à être les cinq dedans à dormir. Mais les nuits sont un peu plus mouvementées. Ils se permettent de courir sur leur grand-mère (moi). De plus en plus, Prunelle devient plus indépendante. À un mois et demi (ils vont avoir un mois et demi le 22 décembre), ils s'allaitent encore à leur mère mais seulement cinq à six fois par jour, puisque maintenant, ils mangent tous la même nourriture que leur mère, de la nourriture pour chatons. Ne vous inquiétez pas, ils ont appris aussi vite à aller faire leurs besoins dans la litière que de téter leur mère. Ils ont commencé aussitôt que j'ai mis des petites litières à leur disposition (ils avaient environ 3 semaine et demie). Il y a une semaine environ, leurs yeux ont commencé à changer de couleur. Pour certains, de bleu à vert, et pour les autres, de bleu à jaune comme leur mère. Aujourd'hui, je les aime beaucoup et je me suis attachée mais je le savais qu'un jour ils devraient partir. Le 8 janvier 2004, ils auront deux mois et seront prêts à être séparé de leur mère.

J'ai adoré voir grandir des petites boules de poil pour la première fois de ma vie. Mais je suis certaine que je vais un jour voir des chatons naître puisque je veux devenir vétérinaire, donc je m'attends à en voir plus d'une fois. De toute façon, mes parents aussi ont adoré leur expérience tout comme mon frère François et ma sœur Tanya, et ils sont tous d'accord pour que nous revivions l'expérience d'accueillir une chatte et ses petits. Au début, ils n'étaient pas certains, mais ils me répètent souvent qu'ils ont bien fait de prendre cette décision, parce qu'il faut au moins voir des chatons grandir une fois dans notre vie. Je crois qu'ils ont été fiers de moi aussi. C'est merveilleux!

De tout mon cœur, j'espère que mes chatons vont trouver des foyers aimants, chaleureux et accueillants.

Pour tous les gens qui hésitent sur leur choix d'accueillir une chatte sur le point de mettre bas ou non, je n'ai qu'un seul conseil : si vous avez la place, ne passez pas à côté. Comme je l'ai dit un peu plus haut, « il faut au moins voir des chatons grandir une fois dans notre vie ». Et si vous en avez déjà vus, refaites l'expérience. On n'en a jamais assez vu. Il reste encore beaucoup de chats à qui il faut trouver des maîtres aimants. Et croyez-moi, je suis déjà prête à revive l'expérience !

Mélanie Saint-Gelais

P.S. : Un gros Merci à Micheline qui m'a proposé l'expérience. Merci!

 

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